Bébé : pourquoi pleure-t-il plus avec sa maman ? Les raisons et astuces

Entre 2 et 6 mois, un nourrisson pleure en moyenne deux fois plus lorsqu’il est avec sa mère qu’avec d’autres personnes. Ce constat surprend de nombreux parents et suscite une multitude d’interrogations, souvent teintées d’inquiétude.

Des recherches récentes montrent que ce phénomène n’est ni rare ni inquiétant, mais s’explique par des mécanismes d’attachement et de développement spécifiques. Certains comportements parentaux et facteurs environnementaux influencent aussi la fréquence et l’intensité de ces pleurs.

Pourquoi les pleurs sont-ils souvent plus fréquents avec la maman ?

Dans de nombreuses familles, on observe un fait troublant : le bébé réserve ses pleurs les plus insistants à la présence de sa mère. Cette réalité, souvent déroutante pour les proches, prend racine dans des dynamiques très concrètes entre le nourrisson et sa figure d’attachement. Les spécialistes sont unanimes : la mère devient généralement la personne référente pour l’enfant. Incapable de formuler ses besoins autrement, le nourrisson utilise ses pleurs comme principal mode d’expression.

À la question « pourquoi bébé pleure-t-il plus avec la maman ? », la réponse se trouve dans la qualité du lien. Dès les premières semaines, l’enfant se tourne naturellement vers la personne qui répond le plus souvent à ses besoins. Majoritairement, c’est la mère qui assure cette continuité, ce qui encourage l’enfant à exprimer sans filtre tout son inconfort ou son besoin d’attention. Il sait, instinctivement, que cette figure saura l’écouter et réagir.

Un autre point intervient : la capacité du nourrisson à reconnaître ses proches. Vers deux à trois mois, il identifie la voix, l’odeur, la façon de bouger de ses parents. Cette familiarité renforce sa tendance à solliciter la mère. Plus le sentiment de sécurité est ancré, plus le tout-petit s’autorise à relâcher ses émotions par les pleurs. Ce paradoxe apparent, plus de confiance, donc plus de larmes, n’est pourtant qu’une preuve de son bien-être affectif.

Il ne faut pas sous-estimer l’impact de la fatigue maternelle. Un parent épuisé ressent chaque pleur de manière plus aiguë, et la tension se transmet parfois inconsciemment à l’enfant, qui devient lui-même plus réactif. Les échanges, souvent imperceptibles, dessinent un cercle où le lien d’attachement l’emporte largement sur la simple présence physique.

Les mécanismes d’attachement et le rôle des émotions chez le nourrisson

Le nourrisson n’exprime pas ses besoins au hasard. Dès les premiers jours, il explore le monde par tous ses sens : il capte les voix, reconnaît les odeurs, cherche le contact. Le lien d’attachement se construit à travers ces micro-interactions, qui donnent au bébé une base solide pour se sentir en sécurité.

Il existe différents types de pleurs. Certains traduisent la faim, d’autres la fatigue ou l’inconfort. Leur intensité et leur rythme varient selon le moment et la cause. En fin de journée, beaucoup de parents sont confrontés aux « pleurs de décharge » : le bébé relâche la tension emmagasinée. Ces épisodes, parfois longs et éprouvants, reflètent la complexité de la vie émotionnelle du nourrisson, dont le système nerveux n’a pas encore acquis la maturité nécessaire pour gérer toutes les stimulations du jour.

Le besoin de contact, de regard et de proximité avec l’adulte présent au quotidien est constant. Ce lien privilégié favorise l’expression spontanée des émotions : cris, gémissements, sanglots. Plus la relation est solide, plus l’enfant s’autorise à exprimer ce qu’il ressent, preuve de la confiance qu’il accorde à son parent.

La qualité du sommeil influe elle aussi sur la fréquence des pleurs. Un bébé fatigué ou qui dort mal se montre plus irritable, ce qui peut amplifier les pleurs en soirée. Certains jours, le rythme tarde à s’installer, rendant l’endormissement difficile et les crises plus intenses.

Reconnaître les signes : quand s’inquiéter ou consulter ?

Distinguer des pleurs classiques et des signaux qui devraient attirer l’attention n’est pas toujours évident. Un nourrisson « parle » par ses larmes : faim, inconfort, coliques, besoin de réconfort ou simple décharge émotionnelle. Pour aider à s’y retrouver, certains repères existent. Si les pleurs dépassent trois heures par jour, trois jours par semaine, pendant plus de trois semaines, il est recommandé de se montrer attentif : c’est ce que les pédiatres appellent la règle de Wessel.

Certains signes doivent vous alerter. Voici les principaux :

  • Des régurgitations abondantes, une courbure du dos lors des pleurs, parfois accompagnées d’une perte de poids, peuvent signaler un reflux gastro-œsophagien.
  • Des pleurs qui ne cessent pas, même en l’absence de fatigue ou de faim, ou qui s’accompagnent de fièvre, vomissements ou troubles digestifs.
  • Un sommeil très perturbé : réveils nombreux, difficultés majeures à s’endormir, ou au contraire somnolence inhabituelle.
  • Des changements de comportement, un repli sur soi, un refus du contact ou des troubles du regard qui peuvent évoquer un trouble de l’attachement.

Dans ces situations, l’avis d’un médecin généraliste ou d’un pédiatre s’impose. Parfois, l’aide d’un psychologue ou d’un pédopsychiatre s’avère utile, notamment si l’on soupçonne une dépression post-partum, un épuisement parental ou un burn out. Quand la fatigue parentale s’installe, il ne faut pas attendre d’être à bout : rester à l’écoute de ses propres besoins, et se faire accompagner si nécessaire, reste la meilleure des préventions.

Père assis avec sa fille dans une nurserie apaisante

Des astuces concrètes pour apaiser bébé et retrouver de la sérénité au quotidien

Durant les premiers mois, la présence constante d’un adulte est indispensable pour le bien-être du nourrisson. Les pleurs augmentent souvent en fin de journée, quand la lassitude gagne tout le monde. Pour apaiser un bébé, le contact direct, le fameux peau à peau, fait souvent merveille. Ce geste tout simple réchauffe, rassure et aide à calmer l’enfant en régulant sa respiration et son rythme cardiaque. Le portage, qu’il soit pratiqué en écharpe ou avec un porte-bébé physiologique, permet d’offrir cette proximité tout en gardant une certaine liberté de mouvement.

L’environnement compte aussi : pour calmer un nourrisson, mieux vaut baisser l’intensité lumineuse, limiter les bruits agressifs, installer le bébé dans un espace confortable. Certains sons, comme le souffle d’un sèche-cheveux, le ronronnement d’une ventilation ou des enregistrements d’ondes marines, rappellent les bruits perçus in utero. Ils peuvent aider à calmer l’enfant. Chanter une berceuse, à voix basse, instaure un rituel apaisant et renforce le lien avec le parent.

Du côté des besoins physiques, la succion reste un réflexe très efficace pour apaiser le tout-petit. Proposer une tétine adaptée, ou l’allaiter s’il en ressent le besoin, peut suffire à l’apaiser. Porter son bébé sur le ventre, dans les bras, en accompagnant le geste d’un doux balancement, permet parfois de soulager les coliques qui surviennent fréquemment dans les premières semaines.

Le rôle du couple parental est décisif dans la gestion des pleurs. Alterner les temps de portage et d’endormissement, se relayer sans culpabilité, aide à préserver l’équilibre familial et à prévenir la fatigue. Les pleurs ne sont jamais le signe d’un échec : ils témoignent simplement du besoin d’être rassuré et entouré, dans la confiance et la bienveillance.

Finalement, derrière chaque crise, il y a un dialogue à inventer, une confiance à bâtir. Les pleurs, loin de séparer mère et enfant, tissent un lien unique et dynamique, moteur d’un attachement solide pour la suite.

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